Chômage en Suisse : indemnités 70 % ou 80 %, durée et inscription
L'assurance-chômage suisse indemnise 70 % ou 80 % du dernier salaire, dans la limite d'un gain assuré plafonné. Voici les taux, la durée, les conditions d'ouverture — et pourquoi un frontalier au chômage complet relève de la France, pas de la Suisse.
En Suisse, l’assurance-chômage (AC) indemnise, sous conditions, les personnes qui perdent leur emploi. Les prestations ne sont jamais automatiques : il faut agir vite, et accomplir deux démarches distinctes.
Combien touche-t-on ?
L’indemnité est un pourcentage du gain assuré — votre salaire déterminant, dans la limite d’un plafond.
| Situation | Taux |
|---|---|
| Obligation d’entretien envers un enfant, rente d’invalidité, ou revenu faible | 80 % |
| Tous les autres assurés | 70 % |
Le plafond, souvent découvert trop tard
Le gain assuré est plafonné à 148 200 CHF par an, soit 12 350 CHF par mois. Au-delà, le salaire supplémentaire ne compte pas.
Concrètement, un salaire de 18 000 CHF par mois n’ouvre pas droit à 70 % de 18 000, mais à 70 % de 12 350, soit environ 8 645 CHF. Plus le salaire est élevé, plus la chute est brutale — c’est le point que les hauts revenus anticipent le moins.
Ce même plafond sert d’assiette à la cotisation AC, prélevée à 2,2 % du salaire, partagée à parts égales entre employeur et employé.
Combien de temps ?
Le nombre d’indemnités journalières dépend de votre période de cotisation, de votre âge et de vos obligations d’entretien :
| Nombre d’indemnités journalières |
|---|
| 200 · 260 · 400 · 520 |
Elles se consomment dans un délai-cadre d’indemnisation de deux ans, qui court à partir du premier jour où toutes les conditions du droit sont réunies. Les indemnités non consommées à l’échéance sont perdues.
Les conditions d’ouverture
Le droit suppose d’avoir cotisé au moins douze mois au cours des deux années précédant le chômage — c’est le délai-cadre de cotisation.
S’y ajoutent des conditions permanentes : être domicilié en Suisse, avoir subi une perte de travail et de gain à indemniser, être apte au placement, et satisfaire aux exigences de contrôle — recherches d’emploi documentées, entretiens à l’ORP, acceptation d’un travail convenable.
Les recherches d’emploi commencent avant le dernier jour de travail. Dès que vous connaissez la date de fin de votre contrat, vous devez chercher activement et conserver la preuve de vos démarches. Une caisse qui constate des recherches insuffisantes pendant le préavis peut prononcer des jours de suspension — c’est l’une des sanctions les plus fréquentes, et l’une des plus évitables.
Les deux démarches, dans l’ordre
- S’inscrire à l’ORP — l’office régional de placement de votre région de domicile. Il valide votre aptitude au placement et assure votre suivi.
- Choisir une caisse de chômage. Vous la choisissez librement : toutes versent les mêmes prestations légales. C’est elle qui calcule et paie vos indemnités.
L’indemnisation ne démarre pas avant l’inscription. Chaque jour de retard est un jour perdu, non rattrapable. Inscrivez-vous dès que la perte d’emploi est connue, sans attendre le dernier jour de travail.
Si vous êtes frontalier : c’est la France qui paie
C’est la règle la plus contre-intuitive du dispositif, et celle qui coûte le plus cher quand on l’ignore.
Un frontalier en chômage complet est indemnisé par son pays de résidence — donc par la France — et non par la Suisse, alors même que toutes ses cotisations ont été versées en Suisse. C’est la règle de coordination européenne applicable aux travailleurs frontaliers.
Ce qu’il faut en tirer :
- Vous vous inscrivez à France Travail, pas à l’ORP. Une inscription à l’ORP ne vous ouvrira aucun droit.
- Votre indemnisation suit les règles françaises, avec des taux et des durées différents de ceux exposés ci-dessus. Un salaire suisse élevé ne donne pas une indemnité suisse.
- Récupérez vos justificatifs de périodes d’assurance avant de quitter l’employeur suisse. France Travail les exige pour ouvrir vos droits. Les obtenir après coup, à distance, rallonge le délai de plusieurs semaines — pendant lesquelles rien n’est versé.
Le chômage partiel fait exception : la réduction de l’horaire de travail reste à la charge de la Suisse, puisque le contrat se poursuit. Chômage complet et chômage partiel ne relèvent donc pas du même pays.
En résumé
- 70 % du gain assuré, 80 % avec charge d’enfant, rente AI ou revenu faible.
- Gain assuré plafonné à 12 350 CHF/mois — un salaire supérieur ne rapporte pas plus.
- 200 à 520 indemnités journalières, à consommer en deux ans.
- 12 mois de cotisation minimum dans les deux années précédentes.
- Cherchez du travail et documentez vos recherches dès le préavis, sous peine de suspension.
- Frontalier en chômage complet : inscription à France Travail, pas à l’ORP.
Sources officielles
Questions fréquentes
Quel pourcentage du salaire l'assurance-chômage suisse verse-t-elle ?
80 % du gain assuré si vous avez une obligation d'entretien envers un enfant, si vous percevez une rente d'invalidité ou si votre revenu est faible. 70 % dans tous les autres cas.
Y a-t-il un plafond ?
Oui. Le gain assuré est plafonné à 148 200 CHF par an, soit 12 350 CHF par mois. Au-delà, le salaire supplémentaire n'entre pas dans le calcul de l'indemnité.
Combien de temps est-on indemnisé ?
De 200 à 520 indemnités journalières selon votre période de cotisation, votre âge et vos obligations d'entretien. Elles se consomment dans un délai-cadre d'indemnisation de deux ans.
Un frontalier au chômage s'inscrit-il en Suisse ou en France ?
En France. Un frontalier en chômage complet est indemnisé par son pays de résidence, même si toutes ses cotisations ont été versées en Suisse. Il s'inscrit donc à France Travail. Seul le chômage partiel reste à la charge de la Suisse.
ℹ️ Cet article est fourni à titre informatif par un site indépendant. Les montants et conditions évoluent régulièrement : vérifiez toujours votre situation sur les sites officiels (service-public.fr, caf.fr, ch.ch…).